Le Gouvernement a publié le 28 octobre 2025 la 2ème édition de la stratégie pluriannuelle des financements de la transition écologique et de la politique énergétique nationale (SPAFTE).
Concernant la lutte contre le changement climatique, la mobilisation nationale a déjà permis une réduction de -32,5 % des émissions brutes de gaz à effet de serre (GES) en 2024 par rapport à 1990.
Concernant l'énergie, en 2024, grâce aux productions nucléaire et hydraulique, et au développement des productions éolienne et solaire depuis dix ans, l'électricité décarbonée a atteint de façon inédite 95 % de la production nationale.
La qualité de l'air s'est également améliorée : entre 2000 et 2023, les émissions de particules fines PM2.5 ont diminué de -56 %, et celles de certains polluants comme le plomb ont quasiment disparu.
Concernant les ressources en eau, des progrès sont visibles : par exemple, les prélèvements d'eau potable sont passés d'environ 100 m3 par habitant au début des années 2000, à 81 m3 en 2022, traduisant un usage plus sobre et plus efficient.
Les investissements bas-carbone annuels dans les transports, les bâtiments, le secteur énergétique et l'industrie ont dépassé la barre des 110 Md€ par an pour la troisième année consécutive.
Parmi les leviers de décarbonation requis, le soutien financier de l'État doit ainsi être priorisé vers les investissements perçus comme non-rentables, ou portés par des ménages ou des entreprises n'ayant pas la capacité financière suffisante pour y faire face. L'État et ses opérateurs consacreront ainsi 48,9 Md€ en 2026 à des actions favorables à la transition écologique.
Les administrations de sécurité sociale contribuent notamment à financer la rénovation énergétique des bâtiments, comme celle des hôpitaux. Les gestionnaires d'infrastructures des secteurs du transport et de la production d'énergie ont également un rôle central. S'agissant des acteurs privés, les entreprises financent la décarbonation dans tous les secteurs de l'économie française. En 2024, les entreprises non financières ont représenté la moitié de l'investissement total réalisé en France, illustrant leur rôle majeur pour répondre aux besoins d'investissements dans la décarbonation. Les entreprises financières (banques, assurances, sociétés de gestion) ont une contribution essentielle à apporter pour financer la décarbonation de l'économie, en facilitant les investissements réalisés par les entreprises non financières et les ménages.
Le projet de loi de finances pour 2026 maintient la mobilisation financière nationale et comporte des mesures supplémentaires en faveur de la transition écologique. Des mesures d'incitations au financement de l'électrification des flottes automobiles d'entreprises sont proposées, avec l'augmentation de la taxe annuelle sur les polluants atmosphériques dès 2026. En outre, le financement de la transition vers l'économie circulaire sera encouragé avec la proposition faite au Parlement d'augmenter la fiscalité sur les modes de traitement des déchets peu écologiques, à la fois à travers des pénalités sur les éco-organismes pour les emballages plastiques non recyclés, et une hausse de la taxe générale sur les activités polluantes sur l'enfouissement et l'incinération des déchets.
Sur le périmètre du budget vert, le projet de loi de finances pour 2026 prévoit 45,8 Md€ de dépenses de l'État favorables à l'environnement sur au moins un axe, soit une hausse de +2,1 Md€ par rapport à 2025 et +5,1 Md€ par rapport à 2024 (périmètre correspondant aux dépenses favorables et mixtes hors plan de relance).
Arnault COMITI
Administrateur de l'AFITE
Directeur de projet au CFDE
Centre de Formation du Développement durable et de l'Environnement
www.enviroveille.com