Le groupe EDF, acteur engagé dans la construction d'un avenir énergétique neutre en CO2, dispose de laboratoires de R&D et de moyens d’essais pour mener à bien des recherches expérimentales sur les thèmes des économies d'énergie et du confort dans l'habitat, des systèmes électriques intelligents, des énergies renouvelables et du nucléaire. La R&D d’EDF couvre l’ensemble des métiers et activités du secteur de l’énergie, en cohérence avec la stratégie du Groupe EDF au service de sa raison d’être.

La raison d’être d’EDF : Construire un avenir énergétique neutre en CO2 conciliant préservation de la planète, bien-être et développement grâce à l’électricité et à des solutions et services innovants.

Présentation et historique du site

Le site EDF Lab les Renardières est le centre de recherche et de développement du groupe EDF le plus étendu dans le monde. Il est l’un des trois centres de recherche d’EDF présents en Île-de-France, avec le site historique, EDF Lab Chatou, qui dispose d’une expertise de pointe dans les domaines de l’hydraulique, des énergies renouvelables, du nucléaire et de l’environnement et EDF Lab Paris-Saclay, anciennement localisé à Clamart depuis 1948 et déménagé en 2016 sur le plateau de Saclay, au cœur d’un écosystème scientifique mondialement reconnu, qui regroupera à terme 20 % de la recherche française.

Situé en Seine-et-Marne, à une centaine de kilomètres de Paris, le centre des renardières concentre des moyens d’expérimentation parmi les plus performants au monde.

Inauguré en 1964, le site est créé pour accompagner le programme nucléaire français, afin d’effectuer notamment des essais de transport d’énergie sous très haute tension. Pour de bénéficier d’une alimentation de haute puissance, il est installé entre les communes d’Ecuelle et de Moret-sur-Loing, à proximité du poste électrique du Chesnoy, alimenté par la centrale électrique de Montereau, devenue aujourd’hui une turbine à combustion. Le site est ainsi connecté en 400 000, 225 000 et 63 000 volts.

Installé sur une surface de 84 hectares, le site compte 700 salariés, 110 bâtiments, plus de 40 laboratoires, répartis suivant trois départements : MMC - Vie des matériaux et des composants (en lien avec le nucléaire), LME - Systèmes et matériels électriques, et TREE - Technologies et recherche pour l’efficacité énergétique.

Des installations industrielles, avec des risques et des impacts potentiels

On trouve sur le site des enceintes climatiques permettant de simuler des conditions extrêmes (-40 à +60°C en variant les taux d’humidité), des enceintes sous vide, des installations électriques de forte puissance, des ateliers de charge et de test de batteries, des équipements de production d’hydrogène, des panneaux photovoltaïques, de l’ammoniac, des acides et autres produits chimiques, etc. avec tous les risques industriels et incendie que cela représente.

EDF Lab les Renardières est une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE) soumise à déclaration avec contrôle pour 14 rubriques. Le classement concerne par exemple, la rubrique 1185 pour les fluides frigorigènes, 2925 pour les ateliers de charge, 2560 pour un atelier de fabrication mécanique, 1416 et 4715 pour la production, le stockage et la distribution d’hydrogène sur l’installation expérimentale qui teste les électrolyseurs.

Le site est également soumis à autorisation au titre des installations, ouvrages, travaux et activités soumis à la loi sur l'eau (IOTA), du fait des installations de pompage dans la nappe pour les processus industriels et pour la production d’eau potable à l’usage des occupants du site et du restaurant d’entreprise. Les eaux usées sont traitées dans une station d’épuration avant d’être rejetées en Seine. Un bassin d’orage permet de confiner les eaux d’incendie si besoin.

Le site est certifié ISO 14001, le système de management environnemental étant piloté par le centre de Saclay.

Biodiversité

En termes de biodiversité, sur 85 hectares, le site gère de grands espaces boisés qui comptent environ 130 pins équipés de pièges de chenilles processionnaire, 55 peupliers d’Italie, 4 sequoias… Tout cela demande un entretien particulier. Un partenariat avec l’association naturaliste du Val de Loire a été établi afin de suivre la qualité de la biodiversité. Un plan de fauche a été défini avec eux, à destination des prestataires, avec des zones de fauche tardive, afin de protéger certaines espèces remarquables, parmi lesquelles des espèces d’abeilles, qui sont étudiées par le MNHM ou certaines espèces d’oiseaux qui nichent dans la végétation.

Certaines orchidées rares ont été identifiées sur le site et sont balisées pour que le service des espaces verts les préservent.

Forêt Miyawaki

En mars 2026, une mini-forêt urbaine d'environ 500 m² a été plantée sur un remblai issu d’un terrassement, via la méthode Miyawaki par les salariés sur le site d'EDF Lab les Renardières. Elle fera l’objet d’une étude scientifique comparative, par rapport à une forêt traditionnelle témoin de 200 m², plantée à la même date, sur les bénéfices en termes de biodiversité et de stockage du carbone.

L’objectif de cette méthode de plantation, développée par le botaniste japonais Akira Miyawaki, dans les années 1970, est de créer un poumon vert en milieux urbains, de redonner vie au sol, favoriser la biodiversité et agir pour le climat, de créer des îlots de fraîcheur, de réguler l’eau dans le sol, d’améliorer la qualité de l’air…

Elle se caractérise par des plants très resserrés, 3 à 5 plants/m², d’une 40aine d’essences locales associés à un paillage abondant. La mini-forêt est entretenue durant 3 ans, puis laissée en complète autonomie jusqu’à sa maturité, après 25 ans.

Ce projet est soutenu par la Direction Impact d’EDF et le Centre d’étude international EIFER, en partenariat avec l’association, à but non lucratif, Boomforest.

Gestion des déchets

Le site est équipé d’une déchetterie et a mis en place un tri 8 flux, avec un objectif important de réduction (90 % des déchets du site recyclés sur place).

Une zone a été aménagée pour recevoir les déchets verts qui étaient auparavant évacués, ils sont triés par types, afin d’être, dans la mesure du possible, revalorisés (par compostage ou broyage pour paillage…).

Visite de 6 laboratoires :

  1. Maison Connectée Bas Carbone

Ce laboratoire d’EDF Lab les Renardières, consacré aux usages de l’électricité dans le résidentiel, est une maison individuelle à taille réelle (100m²) destinée à l'expérimentation de solutions pour la maison de demain, confortable, électrique et connectée. Ce moyen d'essais permet de préparer et tester de nouveaux services énergétiques à partir d'équipements connectés.

La construction, représentative des maisons récentes et conforme à la réglementation
thermique RT2012 est équipée de très nombreux systèmes : des compteurs Linky, 20 m² de panneaux photovoltaïques d’une puissance de 3 kWc (kiloWatt-crête), plusieurs systèmes de chauffage et rafraîchissement, de 3 modes de production d’eau chaude sanitaire, une borne de recharge pour véhicule électrique, des batteries de stockage et de nombreux capteurs (suivis qualité d'air, intrusion, fuites d’eau, …).

Les travaux de recherche s’articulent autour des 4 axes ci-dessous :

  1. Visualiser et comprendre sa consommation électrique afin de comprendre et d’optimiser les consommations des équipements et leurs impacts sur la facture.

  2. Piloter et optimiser les usages pour limiter l’utilisation des ressources énergétiques et réduire l’appel de puissance du logement, notamment lors des pics de consommation

  3. Contribuer à la résilience du logement en améliorant l’interopérabilité des équipements, en expérimentant des outils pour la maintenance à distance et en intégrant des énergies renouvelables locales pour subvenir au besoin en cas d'incident.

  4. Anticiper les évolutions de l’habitat connecté en testant des solutions et matériels innovants et participer à l’amélioration de la sobriété numérique et énergétique du logement.

  1. Boucle Énergie

Ce moyen d’essai permet de reproduire des mécanismes d'encrassement et de corrosion du fer dans les générateurs de vapeur (GV) des centrales nucléaires à eau pressurisée et réaliser des études d'identification des cinétiques de formation de dépôts de fer dans différentes conditions de fonctionnement.

C’est le circuit secondaire qui est étudié dans la boucle énergie. L’eau qui s’y trouve chauffe jusqu’à 220°C et la vapeur actionne la turbine qui, par le biais d’un alternateur, génère l’énergie électrique. À une telle température, le fer réagit chimiquement avec l'eau. On observe un double phénomène de corrosion de la tuyauterie et de dépôts de fer dans le générateur de vapeur. Les recherches visent donc à d’étudier les dégâts potentiels sur les canalisations, qui peuvent avoir des conséquences économiques importantes, à assurer la performance, mais également la sûreté, de l'installation.

Le laboratoire réalise des recherches prédictives sur des portions de tuyauterie à l’échelle 1 et des recherches préventives par l’étude des procédés et produits de nettoyage chimique du circuit secondaire qui est réalisé tous les 10 à 15 ans.


 

  1. Vercors

Vercors (VErification Réaliste du COnfinement des RéacteurS) est une maquette à l'échelle 1/3 d'une enceinte de confinement à double paroi en béton, inaugurée en 2016 et dédiée à l'étude accélérée du comportement du béton et de la structure de l'enceinte interne du bâtiment d’un réacteur, notamment en termes de vieillissement, de déformation et d'étanchéité, réalisée pour répondre aux recommandations de l'Autorité de Sûreté Nucléaire, suite à l’accident de Fukushima. La maquette de 30 mètres de haut sur 16 mètres de diamètre a nécessité 500 tonnes de béton. Elle est équipée de 700 capteurs et de deux kilomètres de fibre optique, pour étudier le comportement de l’enceinte de confinement d’une centrale aux diverses agressions qui lui sont appliquées (choc aérien, inondation, incendie, rupture de tuyauteries…)

Le rapport 1/3 a été choisi pour que l’installation vieillisse près de 10 fois plus vite qu’une installation réelle, le phénomène de séchage du béton étant lié à son l’épaisseur. Ainsi, la maquette permet de prédire le comportement à long terme des enceintes existantes. Âgée de 10 ans, elle se comporte comme une enceinte réelle après 90 ans et les contrôles d’étanchéité réalisés lors des visites décennales, par la mise en pression de l’enceinte, sont menés chaque année sur Vercors.

  1. Concept Grid

Concept Grid est une plateforme d'essais qui s’étend sur 3ha, et simule un quartier d’habitation (avec 5 petites maisons et 45 maisons simulées). Concept Grid est un véritable réseau de distribution représentatif d’un système électrique réel allant du poste source jusqu’à l’aval compteur. Il est équipé de divers moyens de production photovoltaïque et éolienne, de consommation (borne de charge pour véhicule électrique et pompe à chaleur) et également de stockage. Concept Grid dispose d’un réseau dédié, déconnecté du réseau français, qui permet de tester le comportement des équipements et les interactions entre les équipements présents sur le réseau, en régime de fonctionnement normale ou perturbé, de manière sécurisée. Il étudie les solutions pour faciliter l’insertion massive de productions d’énergie renouvelable intermittente dans les réseaux de distribution, les outils de pilotage de micro réseaux, l’autoconsommation collective d’électricité renouvelable produite localement, l’influence sur les réseaux des bornes de recharge de forte puissance, etc.

Il permet de tester l'intégration de nouveaux systèmes électriques intelligents pour les réseaux de demain dans une configuration représentative du réel.

Concept Grid est une plateforme polyvalente, flexible et évolutive, reliée à plusieurs laboratoires de R&D, tel que la plateforme de production d’hydrogène par électrolyseurs.

  1. Plateforme Hydrogène

La plateforme de tests d’électrolyseurs a été lancée en 2021 afin de réaliser des essais pour accélérer la décarbonation de la mobilité lourde.

Cette plateforme teste et qualifie des technologies d’électrolyseurs arrivant à maturité, représentatifs de ceux qui seront implantés dans les années à venir.

Elle permet d'évaluer leurs performances et leur vieillissement dans diverses conditions de réseau, notamment pour une production à base d'électricité intermittente issue d’installations ENR, mais également de tester des solutions d'utilisation de l'hydrogène, dont le conditionnement et le remplissage des réservoirs.

  1. Agri-PV

Le démonstrateur en plein champ permet d'expérimenter la cohabitation entre la production photovoltaïque de panneaux surélevés et des cultures pratiquées sous ces panneaux : luzerne, courges, blé, pommes de terre…

L’installation d’une surface de 1700 m² dispose de panneaux à une hauteur de 5 mètres, permettant de laisser passer les engins agricoles. La puissance installée est de 115 kilowatts crête et la production électrique produite est injectée sur la plateforme Concept Grid, la plateforme hydrogène, ou dans le réseau.

Les cultures sont exploitées par un producteur local et le projet fait l’objet d’un partenariat avec l'INRAE (Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement).

Cet équipement répond à l’enjeu d’EDF de développer le photovoltaïque par le foncier pour mettre en œuvre le Plan solaire du Groupe, dans le cadre de la transition énergétique de la France.


 

L’AFITE souhaite remercier Elise CROSSON, Chargée de communication, pour l’organisation de cette visite, ainsi que Mathieu DUFOUR, ingénieur HSE du site EDF Lab Les Renardières, pour sa présentation des enjeux et actions RSE du centre de recherche et du pilote de mini-forêts urbaines. Nous remercions également Camille MAILLODAT et Sacha, qui nous ont guidé lors de la visite, pour leur accueil, leur professionnalisme et la qualité de nos échanges.