Le prix de l’eau : état des lieux et perspectives pour une gestion durable de la ressource
La disponibilité d’une eau de qualité offre de nombreux bénéfices, mais son usage implique des coûts économiques et environnementaux. Pour les recouvrir, le tarif, les subventions et les redevances ou taxes environnementales sont utilisés. Le prix de l'eau constitue, dans le financement, la part directement payée par les usagers. Outre sa fonction de financement, son utilisation en tant qu’instrument pour inciter à économiser l'eau pose des questions d'acceptabilité sociale.
En France, le prix de l'eau potable assainie inclut le tarif de fourniture du service, des redevances environnementales et des taxes. En 2024, il atteint 4,69 €/m³ (soit 563 €/an pour un ménage consommant 120 m³), mais les recettes générées sont insuffisantes pour financer les investissements nécessaires au renouvellement des infrastructures : il manque entre 0,3 à 4,8 Md€/an). Outre la couverture des coûts de production du service, la législation a progressivement encouragé une facturation intégrant des enjeux environnementaux puis sociaux. L'élasticité-prix de la demande d'eau potable varie entre - 0,1 et - 0,6 : une hausse de prix de 10 % réduit la consommation de 1 à 6 %. Mieux informer et accompagner les consommateurs s’avère nécessaire pour qu’ils puissent adapter leur consommation face aux hausses de prix. S’agissant du volet social, selon la littérature, les dispositifs d'aide en dehors de la facture pourraient être plus efficaces pour assurer l'accès à l'eau des ménages à faible revenu que la tarification progressive.
L'agriculture est le principal consommateur d'eau dans de nombreuses régions, mais les données sur le prix de l'eau pour l'irrigation sont limitées. En 2015, le tarif moyen de l'eau dans les réseaux collectifs d'irrigation sous pression était estimé à 0,15 €/m³, ne couvrant que partiellement les coûts d’investissement. S’y ajoute une redevance pour prélèvement dont le niveau (de 0,85 à 2,57 centimes €/m³ selon les bassins) est insuffisant pour inciter à économiser l'eau. L’élasticité-prix de l’eau agricole, bien que très variable selon les contextes, peut être significative, mais l’utilisation de l’instrument prix peut être limitée par des contraintes d’acceptabilité et requiert des politiques d'accompagnement.
Dans un contexte de tensions sur l’eau, aggravées par le changement climatique, la redevance pour prélèvement est un instrument pertinent pour inciter à économiser l’eau et elle pourrait être améliorée en suivant trois pistes qui sont discutées.
|
Auteur : Marine FAVRE, Julien HARDELIN Editeur : CGDD Année : 2025 |
Document de travail Août 2025 58 pages |
Publié le 03/09/2025
Tweet
| << Novembre 2025 >> | ||||||
| L | M | M | J | V | S | D |
| 1 | 2 | |||||
| 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 |
| 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 |
| 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 |
| 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 |
| État des lieux de la transition énergétique des flottes de pêche et d'aquaculture françaises | ![]() |
| La biodiversité des milieux marins et littoraux français | ![]() |
| C'est l'eau qu'on assassine | ![]() |
| Les politiques publiques de santé environnementale | ![]() |
| Ministère en charge de l'agriculture LHERMITTE Serge |
![]() |
| Association Respire DELLI Karima |
![]() |
| Andra DUPUIS Philippe |
![]() |
| FNADE GENTIL Sophie |
![]() |































